L'industrie de l'habillement (division 14 de la nomenclature NAF) reunit les entreprises qui concoivent et confectionnent les vetements : de la creation et du patronage a la confection, du pret-a-porter au vetement de travail, de la lingerie a la maille. Situee en aval de l'industrie textile, qui fournit les etoffes, elle assemble tissus et matieres pour donner naissance aux articles portes au quotidien.
La division 14 couvre la fabrication de vetements de dessus (manteaux, costumes, robes, pantalons), les vetements de dessous et la lingerie, les vetements de travail et de protection, les vetements en cuir, les articles a mailles (pull-overs, bonneterie, chaussettes, collants) et les accessoires. En France, cette industrie s'appuie sur un socle de savoir-faire d'exception, tire vers le haut par le luxe et la haute couture, et connait un renouveau porte par le Made in France, la relocalisation et l'exigence de tracabilite. Elle rassemble environ 2 500 entreprises, emploie de l'ordre de 32 000 salaries en France et realise une part majoritaire de son chiffre d'affaires a l'export. Longtemps affaiblie par les delocalisations, elle se recompose aujourd'hui autour de la qualite, des series courtes et de la production de proximite, portee par des consommateurs de plus en plus attentifs a l'origine et a la duree de vie de leurs vetements.
Decouvrez ci-dessous les entreprises du secteur Industrie de l'habillement referencees dans l'annuaire : ateliers de confection, faconniers, fabricants de pret-a-porter, de lingerie, de vetements de travail et de maille, specialistes du cuir et de la fourrure. Chaque fiche vous aide a identifier un partenaire de production, un faconnier ou un fabricant capable de repondre a votre cahier des charges, du prototype a la serie.
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Ce que recouvre la division 14 : la confection du vetement
La division 14 de la nomenclature d'activites francaise, intitulee industrie de l'habillement, regroupe la fabrication de vetements et d'accessoires, en tissu, en maille, en cuir ou en fourrure. Elle se situe en aval de la division 13 (fabrication de textiles : filature, tissage, ennoblissement), qui produit les etoffes, et travaille en lien avec la fabrication de cuir et de chaussures (division 15). Autrement dit, la division 13 fabrique le tissu, la division 14 le transforme en vetement. Elle se structure en trois grands groupes.
Vetements en textile, cuir et fourrure
Le groupe 14.1, coeur du secteur, couvre la fabrication de vetements autres qu'en fourrure : vetements en cuir, vetements de travail et de protection, vetements de dessus (manteaux, vestes, costumes, tailleurs, robes, jupes, pantalons pour homme, femme et enfant), vetements de dessous et lingerie (sous-vetements, corsetterie, vetements de nuit), ainsi que les autres vetements et accessoires (chapellerie, ganterie, ceintures, cravates). Le groupe 14.2 concerne la fabrication d'articles en fourrure.
Les articles a mailles
Le groupe 14.3 couvre la fabrication d'articles a mailles, c'est-a-dire tricotes plutot que tisses. Il comprend la fabrication d'articles chaussants (bas, chaussettes, collants), heritiere de la bonneterie, et la fabrication d'autres articles a mailles (pull-overs, gilets, cardigans et vetements en maille). Cette sous-filiere de la maille occupe une place particuliere dans le patrimoine industriel francais, notamment autour des bassins historiques de Troyes et de Roanne.
De la creation a la confection : produits et procedes
La fabrication d'un vetement suit une chaine de valeur bien identifiee. Elle commence par la creation et le stylisme, puis le modelisme et le patronage, qui traduisent le dessin en patrons et en gradation des tailles. Vient ensuite la coupe, manuelle ou automatisee, qui debite les pieces dans le tissu ou la maille, puis le montage et la confection proprement dite, ou les pieces sont assemblees par piquage, surjet et couture. Le vetement est enfin repasse, controle, etiquete et conditionne.
Les procedes se distinguent selon les matieres. La confection en chaine et trame assemble des etoffes tissees ; la maille tricote directement le fil en articles (pull, chaussette, collant) sur des metiers a tricoter rectilignes ou circulaires. La maroquinerie du vetement et le vetement en cuir mobilisent des techniques specifiques de coupe et de couture des peaux. La qualite d'un vetement se joue dans la precision de la coupe, la regularite des coutures, les finitions et le tombe, autant de details qui distinguent la production haut de gamme de la confection de masse.
Le role central du faconnier
Une grande partie de la production repose sur les faconniers, ateliers de sous-traitance qui confectionnent pour le compte de marques, de createurs et de maisons de luxe. Le faconnier peut intervenir sur tout ou partie du process : coupe seule, confection seule, ou prestation complete incluant l'approvisionnement en matieres. Ce modele de sous-traitance structure le secteur et explique la diversite des acteurs, du petit atelier specialise a l'unite de production integree.
La difference entre un vetement de grande diffusion et une piece haut de gamme se lit dans le nombre d'operations et le temps passe : une chemise courante demande quelques dizaines de minutes de confection, une veste tailleur ou une robe de couture peut mobiliser des heures de travail a la main. Le montage reste largement manuel car la matiere souple se prete mal a l'automatisation complete : c'est la dexterite de la mecanicienne et de la couturiere qui garantit un assemblage regulier, un col bien monte, une doublure impeccable. Cette part irreductible de travail humain explique a la fois le cout de la confection francaise et la valeur qu'elle represente.
Poids economique et emploi
L'industrie francaise de l'habillement rassemble environ 2 500 entreprises et emploie de l'ordre de 32 000 salaries sur le territoire national, auxquels s'ajoutent de nombreux emplois a l'etranger dans le cadre des chaines de production internationales des marques francaises. Le secteur realise un chiffre d'affaires de l'ordre de 15 milliards d'euros, dont une part majoritaire a l'export : les exportations depassent 8 milliards d'euros, soit plus de la moitie du chiffre d'affaires, tiree par le rayonnement mondial de la mode et du luxe francais.
Le tissu est domine par les PME et les tres petites entreprises : ateliers de confection, faconniers, createurs, aux cotes de quelques grands groupes et maisons de luxe. Apres des decennies de recul lie aux delocalisations vers les pays a bas couts de main-d'oeuvre, l'emploi se stabilise et se recompose autour du haut de gamme, des textiles et vetements techniques, du Made in France et des metiers de la creation. Les competences de couture, de modelisme et de coupe sont de nouveau recherchees, au point que la penurie de main-d'oeuvre qualifiee est devenue un frein a la relocalisation.
Le luxe, locomotive de la filiere
Le luxe et la haute couture jouent un role d'entrainement determinant. Les grandes maisons francaises, souvent regroupees au sein de puissants groupes internationaux, investissent dans leurs propres ateliers et manufactures, forment des couturieres et des maroquiniers, et securisent leurs savoir-faire en France. Cette dynamique du haut de gamme irrigue toute la filiere : elle soutient les faconniers, les fabricants de matieres et les ecoles de mode, et fait de la France une reference mondiale de l'excellence vestimentaire.
Cet effet d'entrainement se mesure concretement : les investissements des grandes maisons dans de nouveaux ateliers creent des emplois de couturieres et de maroquiniers dans des territoires ruraux ou peri-urbains, souvent la ou les competences textiles anciennes subsistaient. En securisant leurs approvisionnements en France, ces maisons redonnent aussi des commandes aux faconniers independants et aux fabricants d'etoffes, contribuant a reconstituer une partie de la chaine de valeur que les delocalisations avaient dispersee.
Marches et clients
Le principal debouche de l'habillement est le pret-a-porter destine au grand public, homme, femme et enfant, distribue par les marques, les enseignes de distribution et le commerce independant. La lingerie et la corsetterie constituent un segment a part, ou le savoir-faire francais est historiquement reconnu. La maille alimente le marche du pull, du gilet et de la bonneterie, tandis que les articles chaussants (chaussettes, collants) relevent d'une production plus industrielle.
Au-dela de la mode, les vetements professionnels forment un marche important et resilient : vetements de travail, uniformes, tenues d'hopital, equipements de protection individuelle, vetements techniques et ignifuges pour l'industrie, la sante, la securite et la restauration. Ce segment, moins expose aux cycles de la mode, s'appuie sur des contrats reguliers et des exigences normatives fortes. Enfin, le luxe et la haute couture servent une clientele mondiale, tandis que les vetements techniques et fonctionnels (sport, outdoor, protection) constituent un relais de croissance a forte valeur ajoutee, a la frontiere du textile technique.
Geographie de l'habillement en France
La confection francaise reste marquee par ses bassins historiques. Le Nord, autour de Roubaix et Tourcoing, fut longtemps la capitale du textile et de l'habillement et conserve un tissu d'entreprises, d'ecoles et de sieges de marques. L'Aube, autour de Troyes, demeure le berceau de la maille et de la bonneterie, avec de nombreuses marques et ateliers qui perpetuent le tricotage. Le bassin de Roanne, dans la Loire, est l'autre grand pole de la maille et du pull.
Le Choletais, dans le Maine-et-Loire, concentre un savoir-faire de confection et de chaussure, tandis que Paris reste le centre nevralgique de la creation, du stylisme, de la haute couture et des sieges de maisons de luxe. D'autres foyers de production subsistent dans les Vosges, en Auvergne-Rhone-Alpes, dans le Sud-Ouest et en Bretagne, souvent autour d'ateliers specialises. La dynamique de relocalisation ranime plusieurs de ces territoires, avec des ouvertures d'ateliers portees par des marques soucieuses de produire en France et de raccourcir leurs delais.
Cette geographie n'est pas seulement un heritage : elle constitue un ecosysteme vivant. Autour de chaque bassin subsistent des competences, des ecoles, des fournisseurs de matieres, de fils et de fournitures, ainsi qu'un vivier de faconniers habitues a travailler ensemble. C'est cette concentration de savoir-faire qui permet a une marque de trouver, dans un rayon reduit, le tricoteur, le teinturier, le coupeur et le confectionneur dont elle a besoin. La reconstitution de ces chaines locales, la ou elles avaient ete demantelees, est l'un des chantiers cles de la reindustrialisation de la mode francaise.
Savoir-faire, metiers et formation
L'habillement est un secteur de main-d'oeuvre qualifiee ou le geste compte. Les metiers cles sont ceux de styliste et de designer, de modeliste qui construit les patrons et le tombe du vetement, de patronnier-gradeur, de couturiere et de mecanicienne en confection, de coupeur, de prototypiste et de controleur qualite. Les maisons de haute couture emploient en outre des mains d'exception : brodeuses, plisseuses, plumassieres et autres metiers d'art des ateliers.
Ces savoir-faire, longtemps fragilises par les delocalisations, connaissent un regain d'interet. Le retour de la production en France se heurte cependant a une penurie de couturieres et de mecaniciennes experimentees, ce qui pousse les industriels et les pouvoirs publics a investir massivement dans la formation : ecoles de mode, centres de formation aux metiers de la confection, campus dedies et dispositifs de reconversion. La transmission des gestes de la couture et du modelisme est devenue une condition de la reindustrialisation du secteur.
Un patrimoine d'excellence
Nombre d'ateliers et de maisons sont labellises Entreprise du patrimoine vivant, reconnaissance des savoir-faire rares dans la couture, la lingerie, la maille ou la ganterie. La haute couture parisienne, encadree par une appellation juridiquement protegee, incarne le sommet de cette excellence et confere a l'habillement francais une aura mondiale qui beneficie a l'ensemble de la filiere.
Innovation, numerique et industrie 4.0
La modernisation de l'habillement passe d'abord par la conception assistee par ordinateur : logiciels de patronage et de gradation, prototypage virtuel et essayage en 3D qui reduisent le nombre de prototypes physiques et accelerent le developpement des collections. La coupe automatisee par matelas et lames ou laser optimise le placement des pieces et limite les chutes de tissu. La numerisation de la chaine, du bureau d'etude a l'atelier, fluidifie les echanges entre marques et faconniers.
L'innovation porte aussi sur les produits : vetements connectes, textiles intelligents, matieres techniques, membranes respirantes et impermeables, vetements de protection performants. La personnalisation et la production a la demande, permises par le numerique, repondent a une demande de series courtes et de sur-mesure. La tracabilite numerique, appuyee sur des outils de suivi et bientot sur le passeport numerique des produits, devient un atout commercial et une exigence reglementaire. Certains ateliers s'equipent de robots de couture et d'automatismes pour les operations repetitives, meme si l'assemblage du vetement reste tres largement manuel.
Le numerique transforme aussi la relation entre marques et ateliers : plateformes de mise en relation entre donneurs d'ordre et faconniers, suivi de production en temps reel, echange dematerialise des patrons et des dossiers techniques. Ces outils raccourcissent les delais et facilitent le reshoring, en rendant la production de proximite plus reactive que les longues chaines d'approvisionnement asiatiques. Ils permettent aussi de fabriquer en petites quantites de facon rentable, ce qui correspond exactement au positionnement du Made in France sur des series limitees et renouvelees frequemment.
Transition ecologique et mode durable
La mode est l'une des industries les plus scrutees sur le plan environnemental, en raison de la surproduction, de la consommation d'eau et de matieres, et de l'impact de la fast fashion. La filiere francaise mise sur un modele oppose : production locale, series raisonnees, qualite et durabilite des vetements. La relocalisation reduit l'empreinte du transport et permet un meilleur controle social et environnemental de la production.
Les leviers de la mode durable sont nombreux : ecoconception des vetements, choix de matieres recyclees ou biosourcees, coton biologique, lin et chanvre cultives en France, reduction des chutes de coupe, teintures moins polluantes en amont. Le developpement du reemploi, de la seconde main, de la reparation et du recyclage textile prolonge la duree de vie des produits. La reglementation impose une responsabilite elargie du producteur pour la collecte et le recyclage des textiles usages, et prepare l'affichage environnemental et le passeport numerique du vetement.
La tracabilite et la transparence sur l'origine, les matieres et les conditions de fabrication deviennent des arguments majeurs, portes par le label Made in France et par la demande croissante des consommateurs pour une mode responsable. Ces exigences favorisent les ateliers francais capables de documenter chaque etape de la fabrication.
Le secteur travaille aussi a boucler la boucle de la matiere : tri et effilochage des vetements usages, recyclage des fibres, integration de fils recycles dans de nouveaux articles, developpement d'un veritable recyclage textile-vers-textile encore balbutiant mais en forte croissance. La reparation et l'upcycling, longtemps marginaux, deviennent des services proposes par les marques elles-memes. Ce virage vers la circularite reconfigure progressivement un modele historiquement lineaire, du vetement jetable au vetement pense pour durer et etre reintegre en fin de vie.
Enjeux et defis de la filiere
Le premier defi est la concurrence internationale. La confection est intensive en main-d'oeuvre, et la production de masse s'est massivement deplacee vers l'Asie et le Maghreb ou le cout du travail est bien inferieur. L'industrie francaise ne peut rivaliser sur les prix : elle se differencie par la qualite, la creativite, la reactivite, les series courtes et le Made in France, en se positionnant sur le haut de gamme, le luxe, le technique et le vetement professionnel.
Le deuxieme defi est celui des competences : la penurie de couturieres, de mecaniciennes et de modelistes experimentes freine la relocalisation, d'ou l'effort massif de formation engage. La fast fashion et desormais l'ultra fast fashion venue des plateformes en ligne exercent une pression a la fois economique et environnementale, contre laquelle la filiere et les pouvoirs publics cherchent a reagir. Enfin, la maitrise des couts, l'acces aux matieres (dont une partie de l'amont textile a disparu du territoire) et le financement de la transition ecologique figurent parmi les enjeux structurants d'un secteur qui se reinvente autour de la valeur, du savoir-faire et de la responsabilite.
Comment utiliser cet annuaire
Les entreprises referencees dans la categorie Industrie de l'habillement couvrent l'ensemble de la division 14 : ateliers de confection et faconniers, fabricants de pret-a-porter homme, femme et enfant, specialistes de la lingerie et de la corsetterie, fabricants de vetements de travail et de protection, ateliers de maille et de bonneterie, specialistes du cuir et de la fourrure. Selon votre projet, vous pouvez identifier un partenaire de sous-traitance, un faconnier pour une serie, un atelier de prototypage ou un fabricant capable de produire en France.
Pour chaque entreprise, consultez la fiche detaillee afin de connaitre les specialites, les capacites de production, les series minimales, les certifications et labels (Made in France, Entreprise du patrimoine vivant, demarches environnementales) et les marches servis. Que vous soyez marque, createur, distributeur ou donneur d'ordre de vetements professionnels, cet annuaire vous aide a trouver le partenaire de confection adapte a votre cahier des charges, du prototype a la production, en France.